L’âge d’or des rallyes

Rallye, une aventure tout-terrain
Les années 60, un changement d’envergure pour le rallye
S’il existe depuis presque aussi longtemps que l’automobile, c’est au début des années 60 que le rallye commence réellement à se tailler un nom dans le monde du sport mécanique. Les pilotes se professionnalisent, les écuries également. De plus en plus de constructeurs rejoignent la course, voyant dans la discipline un véritable laboratoire d’innovation. A raison puisque de nombreux modèles marqueront les esprits à l’instar de l’Alpine A110 (5 fois médaillées lors de la prestigieuse Coupe des Alpes), la Mini Cooper S 1275cc (triple vainqueuse du rallye de Monte-Carlo) ou encore la Ford Cortina Lotus MK1 (1ère place au RAC Rally ainsi que dans de nombreuses courses de voiture de tourisme). En 1973, le monde du rallye franchit un nouveau cap avec la création par la FIA du Championnat du monde des Rallyes Constructeurs (WRC). Devenu un événement mondial, la première édition couronne Alpine Renault et son A110 1800. Un exploit pour une discipline précédemment dominée par Porsche et Lancia. Mais la firme de Vincenzo Lancia entend bien reprendre la main. En 1974, elle obtient de justesse l’homologation pour un nouveau véhicule qui s’avèrera être l’un des plus emblématiques de sa génération : la Lancia Stratos.
L’âge d’or des rallyes
Au-dessus du lot, la berlinette italienne l’est résolument. Premier véhicule spécialement conçu pour le rallye automobile, elle embarque un V6 de 2.4L emprunté à la Ferrari Dino 246 GT, capable de déployer jusqu’à 280 chevaux. Dessiné par Bertone, la Stratos est courte, large et nerveuse. Taillée pour les routes sinueuses et les chemins de terre, la belle ne se laisse pour autant dompter que par certains élus à l’instar de Sandro Munari.
Engagée en 1974, la Lancia Stratos ne laissera aucune chance aux autres compétiteurs et règnera sans égales jusqu’en 1976 sur le WRC. En 1977, Bernard Darniche remporte le rallye de Monte-Carlo à son bord, alors même que la Stratos vieillissante fait face à des machines plus modernes. Elle finit par s’effacer pour des raisons marketing au profit de la Fiat 131 Abarth. Les véhicules changent mais la domination italienne reste immuable : Fiat remporte le championnat du monde pour deux années consécutives.


Audi, la révolution 4 roues motrices qui changea la face du rallye
Deux ans d’attentes. Deux ans pendant lesquels les rallyes défilent mais ne se ressemblent pas. En 1980, Fiat et sa 131 Abarth remportent une nouvelle et dernière fois le championnat constructeur. En 1981, alors que Ford et Ari Vatanen partent favoris pour remporter le doublé en championnat, le titre constructeur leur est ravi par la petite écurie Talbot et son chef de fil, Guy Fréquelin.
Mais la réelle surprise provient d’Outre-Rhin. A la faveur de l’abrogation d’un alinéa du code sportif, Audi engage lors du rallye de Monte-Carlo de 1981 un nouveau véhicule : l’Audi Quattro. Sur le papier, le véhicule aux quatre anneaux ne part pourtant pas favori. Si son moteur turbo de 300 chevaux séduit, sa transmission intégrale permanente est jugée trop lourde, trop complexe et inutile sur asphalte. Et pourtant. Le 15 février, à Karistad en Suède, alors que la Quattro est engagée pour la deuxième fois en course, elle remporte le rallye de Suède. Quelques mois plus tard, en Italie, c’est de nouveau une Audi Quattro qui arrive en tête. A son bord, une certaine Michelle Mouton qui devient alors la toute première femme à remporter un rallye WRC.


Le Groupe B, l’âge d’or du rallye
Le 1er janvier 1982, le Groupe B voit officiellement le jour.Sans doute nostalgique d’une gloire passée, Lancia est le premier constructeur à présenter un véhicule correspondant à l’esprit de la réglementation. Dans la cour de son usine Turinoise, on découvre un alignement impressionnant de 200 Lancia Rally 037 à deux roues motrices propulsées par un 4cylindres 2 litres couplé à un Volumex et installé en position centrale arrière. Engagée pour la première fois lors du Tour de Corse, elle se classe 9ème. Bien loin de la Quattro de Michelle Mouton et plus loin encore de la Renault 5 Turbo de Jean Ragnotti.A l’issue de la saison, Audi remporte le titre constructeur.
Qu’à cela ne tienne, la revanche aura lieu en 1983. Pour cette deuxième édition du Groupe B, la firme italienne fait fort. La Lancia Rally 037 bat l’Audi Quattro sur l’ensemble de la saison. Imbattable sur l’asphalte, la 037 s’avère suffisamment légère et précise pour donner du fil à retordre au véhicule allemand sur les autres terrains. La Lancia 037 sera le dernier véhicule à propulsion à remporter le championnat du monde de rallye.
Peugeot, Audi, Lancia : duel au sommet
À l’aube de la saison 1984, on pressent que la recherche de la victoire conduira inéluctablement à des débordements. En Corse pour sa première apparition, la Peugeot 205 T16, développée dans le plus grand des secrets par Jean Todt, se révèle très rapide et la nouvelle Quattro se retire sans gloire. Audi, qui n’a pas l’intention de perdre la face, élabore une version Sport à empattement raccourci de 320mm. Aux 1 000 Lacs pour sa troisième course, Ari Vatanen fait gagner Peugeot. Mais c’est bel et bien la firme Allemande et son pilote Stig Blomqvist qui remporteront le doublé cette année-là.
Si elles sont assurément plus puissantes, les voitures sont également de plus en plus éprouvantes à piloter. L’année 1985 n’est pas tendre. Attilio Bettega se tue en Corse après que sa 037 heurte un arbre. Ari Vatanen se blesse grièvement en effectuant une série de tonneaux en Argentine. Aux 1 000 Lacs, Timo Salonen et la T16 sont sacrés. La riposte d’Audi prend la forme d’une Sport Quattro S1. Au RAC, la Lancia Delta S4 réussit son entrée en scène et remporte la manche anglaise avec à son bord Henri Toivonen.


Groupe B : le chant du cygne
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