A l’occasion de son 50ème anniversaire, et comme un clin d’œil à ses origines, Rétromobile rend hommage au génie d’Ettore Bugatti en exposant l’une des créations méconnues de l’Italien : l’Autorail Présidentiel. A ses côtés, 7 autres étrangetés mécaniques mettront en valeur le savoir-faire et l’avant-gardisme du géexpo-nie de l’artiste-ingénieur.
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Autorail Bugatti et prototypes insolites : le génie Bugatti se raconte à Rétromobile 2026

Préparez-vous à une exposition hors-norme ! A l’occasion de son 50ème anniversaire, et en partenariat avec la Cité du Train, le Musée National de l’Automobile et Eiffage Rail, Rétromobile célèbrera le génie d’Ettore Bugatti en exposant l’une de ses réalisations les plus monumentales : l’unique survivant des Autorails Bugatti. Mais ce n’est pas tout puisque cette exposition, mise en lumière par les ateliers Mathieu Lustrerie (labélisé Entreprise du Patrimoine Vivant), réunira également quelques-unes des créations les plus atypiques de l’artiste ingénieur.

Monoplace F1 à moteur transversale arrière, prototype de Type 73 berline-sport ou encore la Bugatti Type 56 personnelle d’Ettore Bugatti à propulsion électrique… ce ne sont là que quelques-unes des bizarreries mécaniques qui s’exposeront dans le pavillon 7.1 lors de la grande messe des véhicules de collection du 28 janvier au 1er février 2026.

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De la route au rail : le rêve royal d’Ettore Bugatti

Ettore Bugatti rêve depuis longtemps de construire une voiture qui surpasserait en puissance, en dimension, en qualité, en luxe et en prix tout ce que proposaient les constructeurs de l’époque. Le projet prend forme durant l’année 1926 et, grâce aux résultats florissants de son entreprise, il conçoit le tout premier prototype de Type 41 qu’il s’empresse d’habiller d’un carrosserie Packard modifiée afin de sillonner les routes de France.

Le véhicule, en rupture totale avec les standards de l’époque, reste fidèle aux principes de la marques (ressorts à lames semi-elliptiques traversant un essieu évidé, roues en fonderie d’aluminium…) tout en accueillant quelques nouveautés (moteur 8 cylindres d’environ 250 chevaux destinés à l’aéronautique, boîte à trois vitesses intégrées au pont arrière…). La Bugatti Royale était née.

vue sur le moteur impressionnant du train bugatti

Bugatti Royale : six reines, six robes 

Particulièrement confiant, Ettore Bugatti avait prévu de fabriquer vingt-cinq exemplaires de la Royale. Démesurée par son prix - six fois le prix de la plus onéreuse des Rolls-Royce – et ses caractéristiques – plus de 3 tonnes et presque 2,50 m de haut -, la Bugatti Type 41 ne sera finalement produite qu’à six unités. Aucun des trois rois pressentis, Alphonse XIII d’Espagne, Zog d’Albanie et Carol de Roumanie, ne put l’acquérir. Trois seulement sont vendues du vivant de Ettore.

Un couturier parisien, Armand Esders, un gynécologue munichois, Joseph Fuchs, et un industriel anglais de l’alimentation, le capitaine Cuthbert Foster, en font l’acquisition en 1932 et 1933. Les trois autres doivent patienter trente ans avant de trouver refuge chez des collectionneurs. La Grande Dépression a eu raison des acheteurs potentiels.

L’Autorail Bugatti, ou quand un échec commercial se transforme en succès ferroviaire 

Si la Royale s’avère un échec commercial retentissant et un gouffre financier, son destin rebondit d’une manière inattendue.

En 1932, Ettore Bugatti rencontre Raoul Dautry, le directeur du Réseau de l’Etat, compagnie de chemin de fer de l’époque. Il lui propose de concevoir des autorails express qui seraient propulsés par le 8-cylindres de la Royale. Neuf mois suffisent à Bugatti pour dessiner et concevoir les plans d’un train rapide de nouvelle génération et adapter le moteur à ses spécificités. Très profilés, ces wagons de 23 m de longueur et équipés de quatre moteurs de 200 ch chacun sont capables d’atteindre la vitesse de 140 km/h. Un record de vitesse est même enregistré à 194 km/h.

A partir du printemps 1933, les premiers exemplaires sont livrés à ce qui deviendra quelques années plus tard la SNCF. Le 30 juillet 1933, le président Albert Lebrun emprunte un autorail Bugatti pour se rendre à l’inauguration de la gare maritime de Cherbourg : 3 heures 15 pour parcourir 372 km ! Seul un exemplaire parmi les 88 autorails construits par Bugatti a survécu. Faisant partie de la flotte des neuf wagons présidentiels et exposé à la Cité du train de Mulhouse, il sera la principale attraction de l’exposition Bugatti organisé à l’occasion des 50 ans de Rétromobile.

vue de l'interieur par la fenetre ou on apercoit les sieges du train bugatti
train bugatti rouge et blanc dans une gare

Bugatti autrement : des prototypes qui ont marqué l’histoire 

Mais l’Autorail Présidentiel, tout comme les Bugatti Royale, ne sont qu’une des facettes du génie Bugatti. Tout au long de sa vie, le Roi de Molsheim a imaginé et conçu nombre d’étrangeté mécanique qui finiront pourtant par révolutionner, à leur manière, l’histoire de l’automobile.

La Bugatti Type 56 de 1931 en est certainement le meilleur exemple. Cette petite voiturette, utilisée par Ettore Bugatti pour se déplacer à l’intérieur de son usine de Molsheim, embarque l’un des tous premier moteur électrique de l’histoire. Semblable à un jouet, elle reste pourtant fidèle à l’esprit de qualité et de raffinement de la marque, tout en permettant au Patron de se faufiler entre les ateliers grâce à sa petite taille.

De son côté, la Bugatti Type 73 de 1947 reflète la quête d’innovation d’Ettore Bugatti en matière de design et de performance. Conçue dans un contexte de reconstruction de l’Europe, cette berline sportive se distingue par ses formes fluides et raffinés qui préfigureront le design de nombres de sportives des années 50.

Enfin, la Bugatti Type 251 de 1956 représente quant à elle l’aboutissement du génie d’Ettore en matière de véhicules destiné à la compétition automobile. Prototype de monoplace destiné à concourir en Formule 1, la belle ne verra pourtant jamais les circuits. Elle introduit cependant une architecture novatrice, qui deviendra par la suite la norme dans ce type de compétition : le moteur en position transversal arrière.

Ces 3 véhicules, ainsi que d’autres étrangetés mécaniques imaginés par Ettore Bugatti, seront à retrouver au côté de l’Autorail Présidentiel lors de l’édition 2026 de Rétromobile.