Loin d'être unique, l'histoire de l'automobile est plurielle et regroupe en réalité une multitude de récits qui unissent passionnés et véhicules d'exception ! Pour mettre en valeur ces histoires hors du commun, Rétromobile vous propose « Un véhicule, une histoire », une série vidéo donnant la parole aux passionnés de tous bords. Au programme de cet épisode : une Volkswagen Golf GTI de première génération, exposée sur le stand Volkswagen à Rétromobile 2026, et son heureux propriétaire depuis 25 ans, François Bacquet.
Publié le 13 octobre 2026 à 12:29 | Modifié le 13 octobre 2026 à 2:11

Golf GTI MK1 : la voiture que tout le monde voulait

Il y a des voitures qui n'appartiennent pas seulement à leurs propriétaires mais bel et bien à une génération. La Volkswagen Golf GTI première génération est de celles-là. Dans les années 70 et 80, elle était partout : dans les rêves des enfants, dans les conversations des passionnés, dans les posters épinglés au mur des chambres adolescentes. « C'est la voiture que tout le monde voulait, et on voulait tous que nos parents en achètent une », confesse François Bacquet.

Cinquante ans après sa présentation au Salon de Francfort en 1975, la Golf GTI MK1 est devenue l'une des youngtimers les plus recherchées du marché de la collection. Les cotes s'envolent, les exemplaires d'origine se raréfient, et l'engouement ne faiblit pas. C'est le propre des vraies icônes : elles traversent les décennies sans vieillir vraiment, portées par la nostalgie de ceux qui les ont rêvées et la curiosité de ceux qui les découvrent.

Golf GTI : la naissance d'un concept

Pour comprendre ce que représente la Golf GTI, il faut replacer sa naissance dans son contexte. En 1974, Volkswagen sort la Golf, compacte à traction avant et carrosserie trois volumes, qui doit succéder à la mythique Coccinelle. Une révolution pour la marque. Mais dans les couloirs de Wolfsburg, une poignée d'ingénieurs et de passionnés, emmenés par Ernst Fiala et Anton Konrad, travaillent en marge du projet officiel sur une version musclée, sportive, pensée pour les conducteurs.

Volkswagen, sceptique, n'envisage d'en produire que 5 000 exemplaires. Ce sera finalement plus de 450 000 Golf GTI MK1 qui sortiront des chaînes entre 1976 et 1983. Un succès absolument imprévu, qui invente un segment entier et redéfinit pour des décennies ce que peut être une voiture sportive accessible.

Le principe est simple, radical, et pourtant génial : prendre la carrosserie de la Golf standard, y loger un moteur 1,6 litre à injection Bosch de 110 chevaux, et ne pas toucher à grand-chose d'autre. Pas de becquet agressif, pas de large bande de flanc criarde. Juste une bande rouge sur la calandre, de discrets liserés latéraux, et un volant trois branches à jante cuir. Les connaisseurs voyaient les détails. Les néophytes, eux, ne voyaient qu'une Golf.

Golf GTI MK1 : une voiture d'origine, découverte par hasard

L'histoire de François Bacquet avec sa Golf GTI commence en 2001, par un coup de hasard qui ressemble à tous les grands coups de foudre automobiles. Il n'est pas en train de chercher activement, c'est pour plus tard, il a le temps. Et puis, chez un marchand à Fontainebleau, il tombe dessus. « Je l'ai trouvée, et ça a été le flash. » Deux secondes pour décider. Une vie entière pour ne pas regretter.

Ce qui le séduit immédiatement, c'est son histoire : première main, immatriculation d'origine, non modifiée, livrée telle qu'elle est sortie de la concession. Le premier propriétaire l'a gardée vingt ans. François Bacquet en est le second, et en 2026, il en est depuis 25 ans le gardien le plus assidu de son histoire. « Déjà, ça y est, tu es le propriétaire le plus long de son existence », note François Allain.

La voiture porte une particularité qui dit beaucoup sur l'époque : livrée en série avec des jantes en tôle (il n'y avait quasiment pas d'options sur ces premières GTI, pas de vitres électriques, pas de verrouillage centralisé), le premier propriétaire avait fait poser des jantes aluminium en concession, comme beaucoup de clients de l'époque qui voulaient personnaliser leur voiture sans trahir son esprit. Le reste est d'origine absolue.

Golf GTI MK1 : 25 ans de bonheur, peu de frais

En un quart de siècle, la Golf GTI de François Bacquet n'a pas causé de souci majeur. Une peinture refaite il y a une dizaine d'années, quand l'original commençait à ternir. Et pour le reste, rien. « Elle marche bien », explique-t-il simplement.

Le secret de sa bonne santé tient en une règle que François Bacquet applique avec rigueur : la faire rouler. Environ 5 000 kilomètres par an, suffisamment pour que les mécanismes restent vivants, pas assez pour user prématurément ce qu'il faut préserver. Et si la voiture reste immobile trop longtemps entre deux sorties, il l'emmène faire au moins 20 kilomètres. « Les Allemands disent : 20 kilomètres, tous les 20 jours, au moins 20 minutes. » Une règle d'or que les collectionneurs avisés connaissent bien, et que François Allain retient aussitôt : les voitures qui ne roulent pas s'abîment. Toujours.

Sur la route, la Golf GTI MK1 reste une vraie joie à conduire, et elle ne passe pas inaperçue. « Ça provoque des levés de pouces chez les gens, et encore plus maintenant qu'il y a quelques années », dit François Bacquet. L'âge lui confère un supplément de charme que les années ne font qu'amplifier.

Golf GTI MK1 : le guide d'achat du collectionneur averti

La question revient inévitablement dès qu'un passionné possède un exemplaire depuis 25 ans : comment conseiller ceux qui voudraient se lancer aujourd'hui ? François Bacquet a des réponses claires, forgées par l'expérience.

Premier principe, et le plus important : la qualité avant le prix. « Quitte à payer un peu plus cher, il vaut mieux 20 000 euros pour une belle voiture que 12 000 pour une moyenne. » Un conseil valable pour toutes les voitures de collection, mais particulièrement crucial pour la Golf GTI MK1, dont les exemplaires vraiment sains et d'origine se raréfient.

Sur les motorisations, deux blocs se partagent la production : le 1600 cm3 de 110 chevaux, présent jusqu'en 1982, et le 1800 cm3 qui lui succède, légèrement plus coupleux sans être sensiblement plus puissant. « Il est plus agréable », tranche François Bacquet sans hésiter. L'arrivée de la boîte 5 en 1980 est également un critère à prendre en compte.

Sur les phases, la distinction est importante pour le marché. Les Phase 1 (petits feux, petit pare-chocs, tableau de bord à compteur à obus) sont plus recherchées et donc plus chères, produits en plus faible quantité parce que Volkswagen n'avait pas anticipé le succès commercial de la GTI. Les Phase 2, plus communes, sont aussi belles et représentent une alternative cohérente pour entrer dans la collection à moindre coût.

Sur les versions préparées (Oettinger notamment), François Bacquet est lucide : le supplément de cote est réel, mais l'usage reste identique. « Deux fois moins chère, je préfère une 1800 qu'une Oettinger. » Pour ceux qui cherchent le graal de la collection, ces versions existent. Pour ceux qui veulent rouler et profiter, la GTI standard est déjà largement suffisante.

Golf GTI : l'alternative Golf 2, le bon compromis

Interrogé sur une alternative à la MK1 pour un jeune collectionneur au budget limité, François Bacquet désigne sans hésitation la Golf GTI deuxième génération. « C'est un bon compromis. Un peu mieux filtrée, un peu plus silencieuse, un peu plus spacieuse. » Le côté vintage est là, à peine moins prononcé que sur la MK1, avec 112 chevaux qui suffisent amplement pour profiter de la route. Et les tarifs sont sensiblement plus accessibles, ce qui en fait une porte d'entrée idéale dans l'univers GTI pour les collectionneurs qui débutent.

La Golf 3, elle, marque une rupture vers plus de confort et d'équipement, une direction différente qui s'adresse à un autre type de collection. Mais pour ceux qui cherchent l'essence de ce que la Golf GTI a représenté dans les années 80, les deux premières générations restent les références incontournables.

Golf GTI à Rétromobile : une vedette dans son élément

À Rétromobile 2026, la Golf GTI MK1 de François Bacquet trônait sur le stand Volkswagen, entourée d'une attention qu'elle semblait accueillir avec la même discrétion élégante qui a toujours caractérisé la GTI. Pas besoin d'en rajouter. Pas besoin d'un becquet, d'une couleur criarde ou d'un cartel explicatif trop long. La voiture parle d'elle-même, à ceux qui la connaissent par cœur comme à ceux qui la découvrent pour la première fois.

« Je suis un collectionneur heureux », résume François Bacquet. C'est, comme le note François Allain, l'essentiel. Et après 25 ans avec la même voiture, d'origine, en pleine santé, exposée au salon le plus emblématique de France : difficile de lui donner tort.

Retrouvez la Volkswagen Golf GTI et bien d'autres véhicules d'exception dans le podcast « Un véhicule, Une histoire » de Rétromobile. Pour ne manquer aucun épisode, rendez-vous sur le site de Rétromobile et sur toutes les plateformes de streaming.